lundi 3 décembre 2012
Borgen, saison 2
Dites, vous n'êtes pas en train de louper Borgen, the série politico-dramatique danoise que je l'aime beaucoup ? Rassurez-moi...
C'est la saison 2, tous les jeudis à 20h35 sur Arte. Hélas en mode indigeste "3 épisodes pour le prix d'une soirée". Quelle drôle d'idée, franchement.
Bon, comme il s'agit d'une série, on reprend tous les éléments de la saison précédente à peu de choses près et on tâche de faire évoluer les protagonistes - ou hoqueter, c'est selon.
Dans tous les cas, une joyeuse description de toutes les compromissions auxquelles madame le 1er ministre doit s'adonner pour faire vaincre ses... euh, ses quoi au juste ? Comme elle a déjà sacrifié ce qui l'avait conduite au sommet du gouvernement, ces interminables journées de pouvoir ressemblent désormais à un exercice de survie.Winter is coming, quoi.
Si j'étais honnête avec moi-même - parce que des fois j'aime me raconter des craques -, je dirais que cette saison ne tient que grâce à la géniale Sidse Babett Knudsen .
Ah, et si tout de même : l'odieux Laugessen, patron d'un tabloïd qui fait un peu chier tout le monde avec une absence totale de vergogne et une science consommée du mépris, me procure beaucoup de joie.
A suivre impérativement en VO, même si les 1ères minutes de danois sont, hum, déconcertantes - et me rappellent une cuite à bord d'un ferry parti du Pirée, mais c'est une autre histoire.
CHERUB - tome 4 - Robert Muchamore
CHERUB est une agence britannique ultra-secrète qui entraîne et emploie des orphelins pour mener des opérations d'infiltration auprès de cartels de la drogue, de marchands d'armes, de truands...
De la graine de voyous, quoi, brillamment canalisée par la toujours très pragmatique et néanmoins perfide Albion.
Du roman pour ados monté très cut et qui carbure à l'adrénaline. Une galerie de personnages aussi, avec en tête de file le très colérique James Adams.
Chaque opus propose une histoire complète, alternant phases d'entraînements, vie quotidienne au "campus" et missions hyper risquées.
Dans les deux épisodes que j'ai lus (le 2 et le 4, au hasard des prêts), la menace n'est pas assez grande malgré les milieux à fort potentiel criminel infiltrés, pour générer de l'angoisse façon espionnage.
Et puis les adultes, flics compris, servent trop souvent de filet de sécurité pour que je me prenne vraiment au jeu. Mais je n'ai pas l'âge requis, faut bien l'admettre. En revanche, impossible de ne pas saluer l'auteur pour la qualité des intrigues.
Le ton enlevé, la description des relations adolescentes et les propos crus rendent le tout fort sympa à suivre.
Déjà 14 épisodes publiés depuis 2004, sans compter les prequels, Henderson's boy, qui narrent la création du service durant la 2nde guerre mondiale.
Dipos en poche chez Casterman
dimanche 25 novembre 2012
Texas Cowboys - Bonhomme et Trondheim
Boston, après la guerre civile. Un tout jeune journaliste se
voit par hasard confier un reportage dans le Texas le plus sauvage, le Hell’s
half acre d’un bled nommé Fortworth.
Oubliant les règles les plus élémentaires de l’objectivité, le
garçon va se livrer corps et âme à ce wild west impitoyable. Quitte à prendre
part à ses syndromes les plus criminels et jeter hors de selle l’innocence dont
ses bagages étaient remplis.
Voilà une bédé montée comme un scénario de Tarantino*, qui
trouve le moyen d’être un récit d’initiation, l’histoire d’une double vengeance,
un portrait de groupe et une énigme.
Sûr, c’est du western tendance pulp, où, en
cinq ou six cases par page, un dessin sobre et aux à-plats de couleurs tranchés
réinventent un monde aussi brutal que surexploité par la culture populaire. Mais
les jeux de narration, où des fils se croisent et s’éloignent jusqu’à enfin
faire sens, bousculent le lecteur le long de neuf chapitres fleurant la poudre,
la boue, la peur des condamnés – et les clins d’œil au genre.
Des protagonistes convaincants, moins manichéens qu’aux
prises avec l’instinct de survie et l’espoir d’une vie meilleure façon rêve
américain, coexistent le moins pacifiquement possible.
Reste à deviner qui du scribouillard pied-tendre, de la joueuse
de poker psychotique, de l’apprenti shaman ou du braqueur de banque, tirera ses
marrons du feu pour se bâtir une place au soleil… de Boston.
Une 2e aventure est prévue, vous pouvez compter sur moi
pour la lire.
*Le scénariste racontait
dans une préface à Reservoir Dogs avoir employé les ressources plus singulières
du roman, pour casser la stricte linéarité du récit et dynamiser ses films.
mardi 20 novembre 2012
Get well soon
Un soupçon de Divine Comedy, une pincée de Pulp : Get Well Soon fabrique une pop patinée comme un décor de péplum : c'est toc et c'est beau.
lundi 19 novembre 2012
Frankenweenie - Tim Burton
Avec The nightmare before
Christmas, Burton avait placé la barre très haut. Tant l’univers (Burton), que
le scénario (Mc Dowell et Thompson), l’animation (Selick) et la musique (Elfman) concouraient à la magie
immarcescible de mon « film pour enfants » préféré. D’aucuns ont à l’époque
avancé que Selick, réalisateur de l’opus, y était pour beaucoup, ce qu’a vite démenti
quelques années plus tard son pâlichon James et la pêche magique.
12 ans après, Burton + Elfman remettaient
le couvert : Les Noces funèbres promettaient un même enchantement. Las, malgré
l’exubérance polychrome, l’humeur gothique et les chansons bien troussées, pas
la moindre fulgurance n’élevait cette 2e aventure de Burton dans le
monde du long métrage d’animation en volume.
Troisième incursion, le projet Frankenweenie
abandonne tant la couleur que la comédie musicale et revient vers le monde des
banlieues stéréotypées à la Spielberg. Alors, qu’attendre d’un réalisateur qui
déclenche désormais plus souvent l’ennui que l’émerveillement ?
À peu près tout, et c’est tant
mieux tant le film est une réussite.
Inscrire le gothique dans le
lotissement 60’s est un contrat que Burton a déjà brillamment rempli avec Edward
aux mains d’argent. Ici, il revisite cette arrière-boutique de son talent
singulier avec le plaisir d’un jeune premier et l’expertise d’un maître. A New
Holland, petite ville trop souvent frappée par la foudre pour ne pas abriter
une population d’ados aux penchants pour le macabre, il se passe de drôles de
choses et les valeurs y sont vite inversées. Les emos sont les normaux et Barbie une pythie. La concomitance
d’un concours scientifiques à destination des lycéens, du décès d’un chien
adoré et de la fête communale va porter ces singularités vers un climax d’épouvante.
Avec clin d’œil appuyé vers la
sous-culture d’un certain cinéma d’horreur.
Bien sûr, l’éloge de « la
différence vécue au cœur de la communauté » si cher à Hollywood, cette
machine à niveler la culture, marque tout le récit. Mais Burton – lui-même
un cas d’école, tant il est parvenu à inscrire son imaginaire à la Gorey dans
la roseraie Disney – et son scénariste empruntent assez de chemins de
traverse pour faire passer la pilule au plus rétif – moi en l’occurrence.
Comme une blague adolescente, le
récit ne recule devant aucune outrance. Que les crottes d’un chat persan
servent de véhicule pour lire l’avenir ou qu’un cochon d’inde soit inhumé au
fond d’un immense mausolée font partie du quotidien des gosses de New Holland. Un
prof de sciences tente d’édifier ses élèves grâce à l’effrayante description de
phénomènes météorologiques ? Sa classe a bien pire à lui raconter, et elle
ne s’en privera d’ailleurs pas. Un peu dérangés, tous ces mômes s’avancent, d’une
expérience à l’autre, vers le final à l’apocalypse jouissive et assumée.
Molle dans le premier
tiers – après tout c’est du Burton –
la mise en scène accumule les morceaux de bravoure. Quant à la photographie de
Peter Sorg, elle alterne le plein soleil d’une sorte de Californie magnifiée
aux ombres expressionnistes de son climat capricieux : un noir et blanc
qui donne des couleurs à l’intrigue.
Même la fin, qui m’a fait un
instant craindre le pire – la promesse d’un retour à la normal, le happy
end démago, la leçon du héros bien apprise avec bonus de maturité –
balaie le clicheton : ceux qui ont le plus à apprendre de cette histoire sont
les adultes.
Si je ne suis pas certain d’approuver, je veux bien participer aux travaux de la classe, tant ils sont aussi excitants que brillants.Petits bémols sur le personnage principal, assez falot et sur la musique de Dany Elfman, d’où n’émerge aucun thème, alors que le récit et son traitement s’y prêtaient si bien.
Si je ne suis pas certain d’approuver, je veux bien participer aux travaux de la classe, tant ils sont aussi excitants que brillants.Petits bémols sur le personnage principal, assez falot et sur la musique de Dany Elfman, d’où n’émerge aucun thème, alors que le récit et son traitement s’y prêtaient si bien.
lundi 12 novembre 2012
La bêtise et la sagesse - Kundera
La bêtise des hommes vient de ce qu'ils ont réponse à tout. La sagesse du roman, c'est d'avoir question à tout.
Milan Kundera, entretiens avec Philip Roth in " Parlons travail ".
dimanche 11 novembre 2012
Sur la plage de Chesil - Ian McEwan
De quoi ça parle ?
Florence, jeune et talentueuse musicienne et Edward,
étudiant en histoire, viennent de se marier. Leur première nuit de noces prend
place dans le décor suranné d’un hôtel du Dorset. Ils se connaissent depuis un
an. Ils n’ont jamais fait l’amour. On est en 1962. Ça ne va pas très bien se
passer.
C’est comment ?
Roman bref, nos voisins diraient novela, Sur la plage de Chesil est une évocation de l’esprit qui
régnait dans la classe moyenne anglaise, au tout début des années 60, dès lors
que le mariage et ses corollaires marquaient la vie des jeunes adultes. La
description de cette invraisemblable chape de plomb qui pesait sur les relations
sexuelles. No sexe before mariage. On
sent qu’on va s’amuser.
Le récit se concentre sur cette horrible nuit de toutes les
peurs, où le dégoût de Florence le dispute à l’impatience d’Edward, où le
moindre geste est un malentendu que rien jamais ne viendra dissiper. Car la
colère est la mauvaise conseillère que l’on sait et que la fierté est trop vite
bafouée à une époque où la morale interdit d’évoquer ses faiblesses, ses
craintes.
Avec un peu de maladresse, McEwan explique que cette
nuit-là, si dramatique, ne pourrait avoir lieu qu’en ces temps désormais si
lointains. D’ailleurs, il paraîtrait un peu vain de s’attacher à ces tourments
qui sont, aujourd’hui, ceux d’adolescents et non de jeunes mariés, si McEwan ne
faisait de son récit un formidable double portrait. En alternant les points de
vue sur une même scène, il démonte la boîte à méprises qu’est l’âme humaine pour
en montrer les horribles rouages.
McEwan profite aussi de cette nuit pour revenir sur les
circonstances de cet amour, ses origines, le contexte de son épanouissement. Présenter le contexte familial dans lequel ont baigné ces deux êtres si
différents par certains aspects (leur préférences) et si proches par d’autres (leur
méconnaissance de la sexualité), c'est dévoiler les effets délétères du
désir sexuel et des attentes conjugales lorsqu’ils demeurent innommés ou, à tout le moins mal formulés.
Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous. Et tant d’autres
en ont parlé avant lui. Il n’empêche que l’écriture de McEwan, son art consommé
du rythme et de la description tant psychologique que naturaliste, crée sans
cesse une tension qui pousse à précipiter la lecture pour connaître le
dénouement de cette crise.
C’est aussi la force de la littérature que de créer l’attente,
le suspense, sans le recours au meurtre et aux mécanismes qui l’induisent, le
résolvent et l’absolvent. Une simple dispute y parvient parfois, pourvu qu’elle
soit décrite avec talent et que ses acteurs soient aussi crédibles qu'attachants.
samedi 10 novembre 2012
Alien - the 8th actor
Alien est l'une des créations artistiques qui m'a le plus marquée. J'avais douze ans lors de sa sortie. Et j'étais dans la salle, avec trois copains. Terrifié. Pendant des années. Cauchemar après cauchemar.
Bon, là c'est nettement moins terrifiant.
Même si la silhouette de Bolaj Badejo est rien moins qu'impressionnante.
Soirée filles - Apéricube
Chèvre et poêlée de Saint-Jacques : on comprend qu'avec une telle haleine, ce sera une soirée sans mecs.
jeudi 1 novembre 2012
Disney - Lucasfilm
Disney s'empare de Lucasfilm. Dans le butin : StarWars. What else ?
Sur la toile, certains s'en émeuvent, comme si la bande à Mickey allait teindre en rose la plus célèbre trilogie x 2 de SF. Le risque est-il si grand ? Certes, le dernier opus diffusé était d'une profonde noirceur : le mal triomphait partout, éradiquant dans son désir de conquête jusqu'à l'Amoooour lui-même. Et la princesse Amidala de mourir en couches - normal, elle mettait au monde un über méchant déjà légendaire : la morale était sauve. Et puis, on savait que le Bien triompherait bientôt et sans partage, puisque Lucas avait raconté son épopée à l'envers. En 1983, la messe était dite : les Jedi venaient à bout d'un empire galactique dominé par un Sith aux effroyables problèmes cutanés.
D'ailleurs, revenons à 1983. Le retour du Jedi - un temps baptisé la Revanche du Jedi avant que Lucas ne trouve que décidément, la vengeance ne sied guère à un ordre de guerriers bouddhistes et stoïques - envahit les écrans du monde entier. Sur la planète-forêt d'Endor apparaît un peuple d'ours en peluches. Les Ewoks. Vous n'avez peut-être pas oublié le tollé qu'avait provoqué leur invention. Les fans étaient furieux, la presse se déchaînait. À les en croire, les Ewoks n'étaient qu'un prétexte au merchandising offensif de Lucas. Après la pénombre tombée sur les valeureux gentils dans l'Empire contre-attaque, ces nounours faisaient tache. Au point que, l'a-t-on aussi oublié, Gary Kurtz, producteur attitré de Lucas depuis American graffiti, abandonnait le navire stellaire pour cause de niaiserie scénaristique - une erreur professionnelle assurément si l'on en croit la suite de sa carrière.
Lucas s'est très vite avéré un maître du spectacle familial. Même American graffiti, qui se voulait novateur, adulte et sûrement pas grand public, avait attiré les foules. L'une des singularités du Californien a été non pas de trousser des projets peu fédérateurs envers et contre tous mais de chercher à produire ses spectacles en toute liberté créative. Exit la nouvelle génération de décideurs de la Fox ou de Paramount : Lucas se passerait de leurs veto continuels. Une forme d'indépendance qui n'excluait plus, dès StarWars, de chercher à ramener les foules dans les salles obscures grâce à des histoires archétypales et d'où toute évocation d'une sexualité un tantinet adulte serait bannie. Même Indi, ce symbole sexuel malgré lui, n'échapperait pas à l'obligation de taire ses élans et de se contenter de bien chastes baisers.
Pour ma part, je n'ai aucune impatience à voir un nouvel épisode d'Indiana Jones : les deux derniers m'ont suffisamment ennuyé pour me contenter des précédents. La grande question est de savoir si Disney ira puiser dans l'immense hangar aux idées qu'a généré StarWars au travers de ses comics, ou se contentera de faire écrire une nouvelle aventure à une palanquée de scénaristes cornaqués par des script doctors imprégnés du Mythic Journey de Vogler. Que Lucas lui-même demeure consultant n'est pas forcément rassurant.
A suivre, donc...
Libellés :
cinéma,
StarWars Disney
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