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lundi 6 août 2012

Roland Wagner et les Psychopompes

Si j'étais croyant, je souhaiterais à Roland Wagner que les psychopompes de Klash adoucissent son voyage. Mais alors que l'une des figures incontournables de la SF française vient de disparaître, je ne vais pas me mettre à m'adresser au ciel ni gnangnantiser que Roland sera bien là-haut.
Non.
Je vais plutôt me souvenir de notre rencontre à Cognac, l'an passé. Une rencontre qu'il avait souhaitée, à ma grande surprise car je ne le connaissais qu'à travers de brefs échanges sur les réseaux sociaux et ce roman, Les Psychopompes de Klash, réédité chez Mémnos en 1997 alors que sortait mon tout premier livre dans la même maison. Un moment partagé avec Sylvie Denis, sa compagne, autour d'un verre. En ce mois d'octobre, l'été s'attardait au-dessus de la terrasse du café. J'avais alors découvert deux êtres à la fois engagés et en colère, mais plus encore chaleureux et d'une grande humanité.
Grand Prix de l’Imaginaire, Prix Tour Eiffel, Prix Rosny-Aîné... Roland Wagner est l'auteur d'une oeuvre prolifique. Il avait 51 ans, ce qui est beaucoup trop tôt pour tirer sa révérence.

jeudi 1 avril 2010

Joyeux anniv' Mr le Vicomte



photo : Kristen Britain

A croire que c'est un poisson d'avril...
Mais non. Bragelonne a 10 ans aujourd'hui.
Dix années à fond de train, des sommets de la Dros Delnoch aux profondeurs de Skultik, depuis la Longe d'Agaden jusqu'à l'étoile de Pandore, en Gallica , en Elamia ou en d'Hara.
Dix années d'épreuves et de récompenses, de coups de gueule et de fou-rires. Dix années d'amitié, en somme.

Brage, je les accompagne depuis le tout début. J'avais même abrité l'équipe pour son 1er salon, à St-Malo. Ah oui : ils n'étaient que trois à l'époque... Multipliez le chiffre par 10 et vous aurez une idée du nombre de collaborateurs qui contribuent au succès dément, inattendu, insolent de cette maison.

A l'époque, il y a dix ans donc, Stéphane, Barbara et Alain partageaient avec un imprimeur un bureau de Montreuil. Autant dire deux tables et une armoire. Car après les aventures Mnémos et SF Mag il fallait tout reconstruire. Bosser pour rien (la dèche), bosser sur tout (les livres).
Bosser le jour, bosser la nuit.

Puis très vite, Gemmell, Goodkind, Feist et Loevenbruck sont passés par là. Des sorciers ? Pas impossible. Leurs romans ont conquis des lecteurs en mal d'évasion et d'aventures. Et ils étaient nombreux ces lecteurs. Ils se comptaient par milliers, par dizaine de milliers.
Ils ne se comptaient plus.

Il a fallu acheter des armoires, trouver des tables. Il a fallu s'agrandir.
A chacun de mes passages à Paris, je passais voir Stéphane et j'écoutais, le sourire aux lèvres, le récit de leurs succès. Je l'écoute encore et j'en redemande.

Mon 1er roman Bragelonne, j'ai commencé à l'écrire il y a huit ans. L'ambiance si particulière de la maison me gagnait chaque fois. Rentrer chez moi avec une furieuse envie d'écrire, des idées plein la tête était l'un des inévitables effets secondaires de ces rencontres.

Depuis cette époque héroïque, cette ère de pionniers où il fallait se battre pour convaincre, tout a changé et rien n'a changé.
Tout a changé car Bragelonne n'est plus systématiquement perçue comme une petite boîte sympathique, tenue par de doux-dingues qui croient aux vertus de la passion et de l'amateurisme au sens noble : certains la regardent comme on regarde un conquérant vorace, gagnant mois après mois un peu plus de place sur les tables des librairies.

Rien n'a changé puisque Bragelonne poursuit sa route en se fichant des qu'en dira-t-on. Multipliant les aventures, avec un même "nez" pour ce qui plaira. Une même oreille, plutôt : ils ne se lassent jamais d'écouter les demandes des lecteurs.
Tout a changé car je ne suis pas certain désormais de connaître le nom de chaque collaborateur.

Et rien n'a changé puisque je suis toujours aussi heureux de faire partie de l'équipe et que je franchis le seuil de Bragelonne avec le même enthousiasme, la même impatience d'y retrouver mes potes.

Dix ans...

On remet ça ?

mardi 16 février 2010

Back from Madrid



Retour de Madrid, où j'ai passé quatre journées de dépaysement à la mode occidentale. Ce qui veut dire ? Bah, je vous laisse deviner ; parfois (toujours ?), ce sont les lecteurs qui inventent les meilleures histoires...

Au programme de ce séjour : matinées consacrées à l'écriture, après-midis en balade dans une ville illuminée par un franc soleil. C'était bien !

Longue visite du Prado, où je me suis attardé sur Velazquez, bien sûr, bien moins sur Goya. Enfin, comme chaque fois désormais que nous traînons dans un musée européen, contemplation admirative d'oeuvres des XIII, XIV et XVe siècles. Des toiles auxquelles les reproductions ne rendent pas justice, car l'intensité des couleurs, du vernis, le détail des réhauts disparaissent pour ne laisser qu'un dessin et des proportions que la découverte de la perspective moderne n'a pas encore magnifiés.
Superbe.

jeudi 4 février 2010

Back from the warm n'cold


Grand moment que ce séjour à Gérardmer.
Moment de déconnade dans la neige, déjà. Ce dépaysement, je ne vous dis pas.
Quelques frissons d'émotion aussi - mais pas de film : emploi du temps trop chargé.
Et des rencontres : de nouveaux lecteurs, d'autres plus anciens mais fidèles et qui n'hésitent pas à braver les routes blanches ; la Ligue déplace du monde, c'est certain, et ça fait plaisir !
De longues conversations à bâtons rompus avec mes potes ligueurs, avec les amis de mes potes ligueurs... et les amis de leurs amis.

Un grand merci donc à l'organisation, et spécialement à Hélène et Anthony qui étaient nos interlocuteurs privilégiés. Le sourire, la disponibilité malgré la neige à gros flocons, malgré l'inertie d'un gros festival.

Et dire qu'on fera mieux l'année prochaine !

vendredi 26 juin 2009

Stars en lot


Stars en lot

La mort offre des lots ces derniers temps. Faut dire, c’est les soldes.
Farrah Fawcett ? hop ! En promo…
La plus ’76 des Charlie's Angels – je décerne les prix que je veux, d’abord – ne m’a jamais trop fait tourner la tête.
Sans doute ce tabou familial et tacite qui nous contraignait à préférer sa petite collègue brune, dont il était admis autour de la table, ces Dimanche Martin de sinistre mémoire, qu’elle ressemblait à notre mère - sans la culotte de cheval, mais bien entendu, un voile pudique d’autocensure se déployait au-dessous du nombril de Jaclyn Smith dès lors qu’elle apparaissait en bikini.
(Vous remarquerez que personne ne parle de Kate Jackson.)

Plus ou moins libéré du fardeau décérébrant de l’éducation j’ai commencé à me poser des questions. Tout de même, Farrah n’avait-elle pas un fort potentiel sexuel, sous les ailerons de sa coiffure ? J’en discute encore avec moi-même.
Une chose est sûre, désormais, je ne pourrai plus vérifier sur pièce.
Bon, maintenant j’appelle Jaclyn, before it's too late.
***
N'empêche, l'épisode Angels on wheels, c'est de la balle.

mercredi 17 juin 2009

Traces



Place Léon-Blum, sur la Canebière


Ça n’est pas grand-chose, une flatterie d’ego et un clin d’œil, mais tout de même : penser que les empreintes de ses mains ainsi que son nom, signé de sa propre… main, risquent de passer un bon bout de temps sur une place d’une grande ville européenne, ça remue un peu.
Merci à Fabien Herisson pour les photos

Marseille




Depuis la corniche, le samedi 13 juin. Là, nous prenons l'apéro.
It's a hard life...

mercredi 27 mai 2009

Etonnants Voyageurs


Longtemps j’ai rêvé d’y être invité. De venir à mon tour papoter sur une estrade, entouré de gens admirables, drôles, bougons ou les trois à la fois. Parce que c'était chez moi, parce que j'aimais ce que j'y entendais.
Voilà, c’est chose faite depuis trois ans, maintenant. Et je remets ça cette année, avec toujours autant de plaisir.
EV fête ses vingt ans d’existence. Le décor est à la hauteur de l’événement, et vice-versa : entre la mer, la ceinture des remparts et les bassins du port. Le ciel ? Ne comptez pas trop sur sa constance d’une année sur l’autre. Pendant le festival, j’ai connu les heures de farniente sur la plage. Une interview de PJ Macauley dans un brouillard froid. Une tempête assez féroce pour interrompre le salon avant terme.
J’y ai vécu les débuts de Bragelonne : une petite table, autant de titres que de personnes dans l'équipe - trois. Ladite équipe dormait chez moi.
Nous avons, ma compagne et moi, échangé nos premiers baisers, sur le bastion de la Hollande.
Etonnants voyageurs.
Je suis toujours étonné de voir la curiosité des visiteurs intacte après tout ce temps.
Il faut dire qu’ils sont gâtés : pléthore de débats, cafés littéraires, expositions, projections de documentaires, de fictions, séances de dédicaces bien sûr… Les alentours participent à l’événement. On écoute Jim Harrison dans le salon d’un bar qui sent la flibuste et la pêche au gros. On regarde Bernard Werber improviser une conférence sous les murailles, en plein air. On feint de s'étonner que PPDA attire les regards avec un magnétisme de Joconde. Pierre Pelot raconte ses débuts au Fleuve Noir - et c'était autre chose ! Un homme en bleu traverse les allées comme s’il s’était perdu au détour d’une oasis.
Cette année, nous autres les gars de la fantasy , participerons à un débat : « la fantasy : à bout de souffle ? » Drôle de question. En vingt éditions d’EV, la fantasy a été invitée autour de la table à trois reprises. Ça ne fait pas beaucoup et j’aimerais autant parler de nos livres que de débattre sur une mort annoncée, un essoufflement. Bref, je préférerais évoquer le présent plutôt qu'un éventuel demain… Ma réponse sera évidemment « Si toutes les littératures se portaient aussi bien, les libraires seraient des gens heureux." Heureux ou moins inquiets...
Je participerai à ce débat, en compagnie de Fabrice Colin qui manie l'autodérision avec un flegme insulaire. Je compte sur lui pour m’aider à fourbir des réponses de destruction massive.
Etonnants Voyageurs, ce sera sur le stand de la librairie Critic, du 30 mai au juin. Autant dire tout de suite. On va bien s'amuser, comptez sur moi !