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mardi 11 mai 2010

ELAMIA : pics from the vault. chap.I



Quelques goodies depuis la crypte...
Ces couvertures étaient dessinées par Michael Welply. Pris par d'autres projets Michael n'avait pas pu détailler et achever son travail et Bragelonne avait finalement fait appel à un autre illustrateur.
David, directeur artistique de la maison, s'était toutefois essayé à une variante nocturne.

samedi 8 mai 2010

En images


Jeudi, j'étais donc à Paris pour une séance de photo ultra privée - je dis ça pour me donner le genre "people" ; la vérité c'est qu'évidemment personne ne m'a reconnu, à l'exception notable et fort bien venue de "ma" photographe.
Pascale Lourmand était chargée par le - hum - "Projet" d'immortaliser mon portrait.
Les interviews filmées j'aime pas trop, je suis aussi stressé qu'un rat de labo au milieu d'un bassin avec pour seul refuge un îlot électrifié.
Mais les photos j'aime bien.
Et à la différence de la Kalashnikov que constitue parfois une HD Caméra, le boîtier reflex est mon ami.

En plus, les nuées étaient de notre côté. Et si le soleil a joué à cache-cache avec les nuages, c'était sans aucun doute pour 1/taquiner Pascale 2/varier les effets de lumière.

Dans tous les cas ce furent trois heures détendues dans le parc de Bercy, un lieu bien plus plaisant que je ne me l'étais figuré en le traversant une 1ère fois - ok, c'était l'hiver et les arbres ressemblaient à des fourchettes carbonisées.
A voir les planches-contact, Pascale s'en est très bien sortie. Si ses images vous plaisent tout le mérite lui reviendra.
Ce sera pour bientôt, très bientôt.

Le site de Pascale, Lourmand c'est ici

mercredi 5 mai 2010

Tirer le portrait



Demain, de nouveau Paris.
Je m'y ferai tirer le portrait. Après le film, la photo donc. Comment je m'habille ?
La même question que la semaine dernière va me tenir éveillé jusqu'à... eh bien pas trop tard j'espère vu la nuit que j'ai passée.
Pendant un moment j'ai pensé à l'accessoire über-cool, histoire de frapper les esprits.
Après réflexion, si j'arrive à exprimer mon enthousiasme et mon excitation grandissante pour le projet à venir, ça sera très bien !

***

Mes copains de la Ligue de l'Imaginaire me manquent.
Je n'ai pas pu me rendre à Serre-Chevalier, pas plus qu'à Val d'Isère - je me console en me répétant que j'ai eu assez froid comme ça en 2010.
J'ai donc échappé aux boules de neige et aux verres de malt.
Ah, et les discussions nocturnes au coin du piano, c'était bien aussi ! Ces moments privilégiés où on parle d'écriture et de... non, ça je ne peux vraiment pas le dire.

Oui, ils me manquent, les copains.
Heureusement, on se verra à la fin du mois. D'ici là, je compte bien ouvrir le site. L'excellent Nicolas Trenti (Polars Pourpres Power ! ) et moi y avons investi pas mal de temps. Encore quelques détails à régler et il sera en ligne. (Henri Loevenbruck et Patrick Bauwen+ Olivier Descosse et Laurent Scalese, à Gérardmer )

mardi 20 avril 2010

L'ultime illusion

Terminé les corrections d'une nouvelle à paraître chez Mnémos, pour une anthologie dirigée par Stéphanie Nicot.
Déjà, j'étais content de faire partie de l'aventure - merci Stéphanie.
Ensuite, je suis content du résultat. Je ne vais pas bouder mon plaisir, non mais !
Plus le temps passe, plus une certaine sécheresse accompagne ces textes courts. Ca n'est pas une facilité, loin de là : j'ai une propension non négligeable à m'étendre sur la description, avec fleurs et pompons, vous voyez... Alors j'élague, m'efforce à trouver en peu de mots et encore moins d'adverbes et adjectifs le sens d'une scène, d'un sentiment, d'une motivation.
Quand ça marche, c'est jouissif, c'est vraiment jouissif.
En revanche, écrire des dialogues brefs en forme de réparties est de plus en plus spontané. Et le plaisir toujours plus grand. Je n'en suis pas à atteindre la classe d'Elmore Leonard, ou celle des grands cyniques britanniques. Ô que non.
Mais je m'amuse.
Et puis, je me jette désormais avec plus d'entrain dans le grand bain de l'émotion.
Cette fois, il s'agit d'un vieil homme, magicien et mercenaire de profession, sur le point de mourir. Il ne lui reste que quelques jours à vivre et un trésor à découvrir. Du moins, une voyante le lui a-t-elle affirmé.
Une course contre la montre s'engage alors que le bonhomme, une grande gueule pas très recommandable, se lance dans l'ascension d'une montagne.
L'antho paraîtra en mai.
Pile pendant le festival Imaginales. Elle est pas belle la vie ?

mardi 13 octobre 2009


Le prochain roman, celui dont je vous parle là, depuis quelques jours, sera publié chez Bragelonne.
C'est une telle évidence que j'ai omis de le préciser !

dimanche 11 octobre 2009

Du défi

Ecrire un roman est l'occasion de laisser aller mon imagination, de vivre des mois durant aux côtés de mes personnages, de partager leurs péripéties, leurs joies, leurs angoisses. Je peux partir d'une idée d'histoire, d'un décor, de personnages dont j'entrevoie les relations et que je voudrais pousser dans leurs derniers retranchements. Ou tout cela à la fois.
Le plus important est que l'envie soit là.

Et puis, il y a mes challenges personnels. Ils permettent de renouveler l'envie, justement, en plaçant la barre sinon plus haut, du moins ailleurs.

A chaque roman son défi particulier.

Pour La Porte des Limbes, il s’agissait de mettre à profit mes connaissances sur la peinture symboliste du XIXe et de conserver l’univers d’un jeu de rôle, Néphilim et plus particulièrement son extension Selenim, dans la narration.

Avec l’Ile aux Soupirs, une suite non publiée de la Porte des Limbes, je voulais rapprocher le contexte de Saint-Malo et des légendes maritimes tout renouvelant l’intérêt autour de personnages rencontrés dans l’opus précédent ; le principe de la série, en somme.

Karma Girl, un roman noir écrit avant ces deux là mais publié après, me permettait d’essayer une voix féminine (la narratrice a 17 ans), dans une narration très nerveuse, conclue par un twist.

Dans Le Cycle d’Elamia je tentai le roman choral, comme on dit, avec Rupture dans le réel de Peter Hamilton dans le collimateur : faire parler les protagonistes les plus insignifiants et pas seulement les héros. Multiplier les points de vue, pour rendre compte des bouleversements de tout un monde depuis toutes les échelles.

Le Gemmell d’Etoile du matin et de Waylander m’a inspiré les aventures d’Alec Deraan : Les Dragons de la Cité rouge se veut un roman compact, dans lequel chaque chapitre est tendu par ses scènes d’action. Ses héros ne sont pas du genre à se poser beaucoup de questions : le monde dans lequel ils évoluent ou survivent ne le leur en laisse pas l’occasion. Autre challenge : faire tenir l’histoire en un volume et donc ne pas multiplier les points de vue, une de mes tendances naturelles. Ah, et je me suis aussi interdit de m’arrêter plus de 48h00 en cas de problème avec l’intrigue. Ce qui signifie revenir en arrière pour simplifier les événements ou les nœuds dramatiques.

Pour le roman que je suis en train d’écrire, je me mets au défi de développer une intrigue sentimentale. Cette fois, elle doit être sur le devant de la scène. On verra si j’y parviens ou si elle se rétracte et file en arrière-plan, dans les coulisses.
Il s’agit d’un amour impossible, comme dans la plupart de mes romans, ainsi que je l’ai eu constaté le jour où j’ai fait le « bilan sentimental » de mes personnages principaux - sans commentaire, s'il vous plaît. Non mais...

vendredi 9 octobre 2009

Go !

C’est parti.

Après quelques synopsis plus ou moins aboutis et jamais convaincants, j’ai enfin trouvé de quoi m’amuser. Aujourd’hui je me lance dans la rédaction à proprement parler de mon prochain roman.

Quelque chose de rapide et rythmé. On y trouvera son pesant d’émotions aussi. Roméo et Juliette sont passés par là.

Voilà longtemps que je voulais recoller au XXe siècle. Oh, pardon : au XXIe. A l’exception d’une parenthèse j’ai passé ces dernières années à dos de dragon, avec des armures plus ou moins confortables sur le dos. J’ai adoré ça mais le grand air ça fatigue et je vais ranger mon épée si vous voulez bien.

Je me sens comme un gosse.

Le surnaturel, le fantastique et l’étrange restent mes terrains de jeux favoris – qui voudrait laisser son gamin jouer avec ses figurines sur le sol d’une usine ? – ce sera une aventure de fantasy urbaine. Avec des crocs dedans.

Le plus amusant sera de me mettre dans les pensées d’une jeune femme et de parler à la 1ère personne. Ça ne me fait pas peur. J’ai déjà écrit deux romans sur ce mode-là ; l’un a été publié il y a presque, mon Dieu, dix ans de cela. L’autre, je l’ai terminé l’an dernier.

Le plus difficile sera, comme toujours, de faire tenir l’histoire debout sans qu’on voie les béquilles, les ficelles, les échafaudages.

Emma W.

Elle a un charme dingue.

Je l’aime déjà.

mercredi 16 septembre 2009

Boussole

Je suis passé saluer l'équipe de ma maison d'édition aujourd'hui. Puis j'ai déjeuné avec mon éditeur. Avant de revenir à ladite maison.
Pas pu voir tout le monde : c'est qu'il y en a des étages dans cette belle entreprise. A chacun d'entre eux, son lot de vieux potes et de nouvelles recrues. Je m'embrouille dans les prénoms .
Parfois, on se prend à rêver que tous les collaborateurs aient l'imagination du père de Nemo en matière de prénoms. "Et si on s'appelait tous Marin Junior ? "
Mais je suis en progrès.
Ces petits séjours, ils me font un bien fou. Après quelques semaines de valse-hésitation entre plusieurs projets, ils donnent de quoi retrouver le nord entre deux verres de Saint-Emilion.
Le nord mais pas trop : la fantasy n'est jamais bien loin et elle ouvre sur des mondes qui se jouent des points cardinaux.

jeudi 20 août 2009

Comment écrire un best-seller (pendant l'été)


Depuis le début de l'été, j'ai trouvé un nombre pas croyable de sujet de romans.
Bien sûr, il ne s'agit que de
bests (comme dans "best-seller". Mais nous autres les gens de la profession, on sait si bien de quoi il s'agit que l'on se contente de "best". C'est aussi ça, être du métier).
Chacun de ces bests en puissance occupe une page au format Word. Classées, les pages, dans un dossier "romans".
Parfois, je me contente d'écrire ces idées de best sur une même page. Elle s'appelle "idées". Je sais, ça manque d'idée mais l'idée est de retrouver mes idées, justement.

Donc, quand je commence par créer un fichier tout entier consacré à l'idée d'un seul best, ça veut plutôt dire qu'il est bien parti le projet. Que je vais en mettre des pelletées de sous-idées, développements plus ou moins digressifs. L'ensemble porté par des personnages dont je trace en quelques mots les profils aussi extravagants que touchants.


Ca fleure bon la fresque.

Dans le cas de l'idée-qui-occupe-un-fichier-Word à elle seule, on peut dire qu'elle n'est pas la racine dont l'arbre et ses ramures chargées de fruits seraient le roman. On peut dire qu'elle est une putain de forêt.

Du grand, du vert, du foisonnant.

Brocéliande avant la tonte.
John Irving me voilà. Ou Garcia Marquez. Ou Nick Hornby. Ou, bon allez, d'accord, Katherine Pancol.

Alors je consigne, je note.

Je note et je passe à autre chose.
Parce que nous autres du métier, on a des engagements.
Il y a les fichiers
Idées ("best-seller 2010, E.Wietzel a révolutionné le genre de la..."), et puis les fichiers A rendre cette semaine ("Ca serait cool si on saisissait l'enjeu du bad guy, là. Je veux dire, avant qu'il meure").
De temps en temps, souvent, je reviens sur mes pages Word, la forêt vierge de l'invention vous savez...
Elles sont vides.

Les idées, c'est sympa. Ca va, ça vient. Ca vient même plutôt bien. Et après ?

Demandez à un gamin à quoi ressemblerait la maison de ses rêves.
Et maintenant, construisez-la.


vendredi 14 août 2009

Nietzsche in Saint-Malo


Voilà quelques jours déjà que nous sommes revenus, Caroline et moi, d'Amsterdam.
Un séjour d'une extrême douceur, rythmé par les rires, les promenades et l'amour.
La transition est douce : je suis à deux pas de la mer et le piano siège dans la pièce voisine, tel un compagnon bonhomme et avachi qui n'attendrait que les chatouillements de mes dix doigts pour retrouver son entrain.
Pourtant ça ne fonctionne guère.
Mon nouveau travail tarde à prendre forme : le dernier résumé n'a convaincu personne. Pas même moi. Depuis, je sèche.
La femme que j'aime est restée trop loin d'ici.
Je m'inquiète sans cesse des progrès de mon dernier roman, Les dragons de la cité rouge. Je m'en inquiète trop.

Il faut chercher ailleurs.

Capter l'énergie là où elle pulse.

Ce soir j'écoutais Onfray raconter Nietzsche. Nietzsche dépoussiéré, débarrassé des oripeaux nazis dont on l'a trop vite habillé, comme on déguise un singe pour qu'il ressemble à ce que nous aurions de pire.
Nietzsche le dyonisiaque.
La volonté de puissance. L'accord au corps. Le tout vécu dans une joie sans borne, une saine exaltation. Un enthousiasme créatif sans moralisme pour l'amoindrir.

Je pourrais bien compter sur Nietzsche pour me donner l'impulsion dont j'ai besoin...

image prise ce soir à Saint-Malo. Pause de 30 s.

samedi 18 juillet 2009

In my room


Voilà où j'écris en ce moment. Une chambre
Quand je travaille, j'aime bien avoir de la lumière et la fenêtre ouverte. La vie est au-dehors alors je la laisse entrer, qu'elle glisse et se pose sur mes pages. Et je cours après le soleil, quitte à changer de pièce en cours de journée.
Un vrai luxe.
Sur le fauteuil, deux lectures en cours : "Jonathan Strange & Mr Norrell". Un chef d'oeuvre un peu ennuyeux - oui, ça existe. Et "The Writer's Journey" , un manuel d'écriture dont je parle dans une note précédente. Un livre rassurant comme un conseil que susurre un aîné avant d'entrer dans l'arène.
Il n'est jamais très loin de moi.
La vue depuis la fenêtre

jeudi 2 juillet 2009

Manuels d'écriture : la glace et le feu

Torres del Paine.Región de Magallanes, Chile. Photo de Michel Gutierrez

Longtemps je suis immergé dans les manuels et autres méthodes d’écriture.
Pourquoi ?
Pour progresser bien sûr. Un côté « s’ils y sont arrivés et qu’ils prennent la peine d’en causer, alors je vais forcément y trouver de quoi m’intéresser ».
Ou encore « et si un roman réussi était la tranquille application d’un astucieux mode d'emploi plutôt que le résultat d'un long et pénible travail ? »
Ouh, le vilain mot est lâché!
Car on imagine sans peine que derrière cette curiosité insatiable se trouvait une forme de... paresse - voilà pour le second gros mot du post.
Nous sommes tous à la recherche d’un déclic, d’un truc. D'une recette. Surtout lorsqu'on débute et que la rédaction d'un roman ressemble à l'assaut final de l'Everest, par temps de chien.
De fait, ces méthodes je les ai lues, consultées, relues, bouquinées, compulsées, épuisées…
Avec le recul dû à mon grand âge, je comprends désormais que ces livres et articles m’en disent plus sur l’auteur et sa façon de regarder son métier, de s’observer en train de travailler, que sur la meilleure manière pour les apprentis romanciers d’écrire de la fiction.
Si je vous parle de ça, c’est que je reviens tout juste d’un post de l'écrivain d'urban fantasy Van der Meer sur le sujet.

Qu’ai-je appris en lisant Ecriture, de Stephen King ? Qu’il avance sans plan, sans intrigue très définie. La chute, le twist le rebondissement final ? Il n’en a pas. Mieux : il vous conseille de ne pas en avoir. Oups, voilà le genre de recommandation que j'éviterais de transmettre. J’y ai surtout appris comment il en est venu à boire exagérément, le King. À quel point son épouse compte dans sa vie. Et combien violent fut son accident de voiture, en 1999. Oui, j’y ai trouvé une centaine de passages geek oriented. Sur King lui-même. L'écriture? Hormis l’évidence « les proverbes, c’est mal, évitez d’en saupoudrer vos paragraphes », c'est pas très fourni. Inutile d'y chercher le secret du maître. Vous espériez quoi ? King est un génie, passez votre chemin.

Qu’ai-je tiré de l’Art de la fiction, de David Lodge ? Son goût pour le roman du XXe siècle, le rappel de quelques figures de style, aussi.

Les conseils de Dan Simmons m’ont montré à quel point ce type est bavard, sentencieux, cultivé, un tantinet agressif. Et fondu d’ Emma Bovary. Un prof de lettres un peu tendu, quoi.

Orson Scott Gard place le personnage au centre du roman. Ecoutez ça: impossible de toucher le plus grand nombre sans élaborer des personnages profonds, dénués de tout clichés. Bien entendu, les tables de librairies et les tourniquets des aéroports nous prouvent le contraire : le poncif, en littérature comme en pop, est recherché avec acharnement par le lecteur lambda. Il se trouve simplement que Gard ne travaille pas avec ces héros-là – et son livre est passionnant par ailleurs.

Les recettes de fiction cuisinées à l’Américaine, j’en ai lu quelques unes. A force d'ingrédients, d'ustensiles et de température de cuisson j'ai foiré mon soufflé avec le célèbrissime Story . J'espère que son auteur n’imagine pas sérieusement que Bergman mitonait ses scénarios comme il le décrit. À fuir…

Dans le très abordable et captivant Writer’s Journey de Christopher Vogler, j’ai enfin saisi pourquoi un paquet de films hollywoodiens semblent tirés du même moule. L’auteur, script doctor, y reprend les théories de Campbell sur la structure narrative des grands mythes. Oui, le Campbell dont Lucas a fini par avouer avec pas mal de retard s’être inspiré pour écrire le premier Star Wars. Une structure narrative que la littérature de fantasy a d’ailleurs beaucoup utilisée. Le voilà en français.

Bernard Werber est un passeur, un vrai. Notre nocher made in France : rien ne saurait l’empêcher de transmettre son ineffable optimisme : être publié ? oui, c’est possible ! À condition de volonté, d’acharnement, de travail et d'une bonne dose de chance - ne comptez pas trop sur le talent. Ses conseils sont sympas, surtout si vous venez de tremper le pied dans l’eau glaciale de la fiction – si l’ablution se prolonge un peu, vous comprendrez vite qu’il s’agit de lave et qu’elle va vous consumer et vous consumer encore : le fleuve n’a pas de fin. Pour aller plus loin, franchir le Rubicon et pénétrer dans Rome (VIe arrondissement de Paris) en conquérant mieux vaut assister à ses conférences. Vous aurez la chance de vivre en direct une joyeuse explosion d’enthousiasme partagé, celui-là même qui berce cet anxieux de nature. C'est déjà beaucoup, non ?

Je pourrais continuer ainsi longtemps mais j'en vois qui somnolent au premier rang. Et puis quand vous aurez lu tout ça, il sera temps de revenir sur la question.
Tout ça pour dire aussi qu’un ami m’a demandé si j’acceptais de rencontrer un jeune auteur qui... blablabla... des conseils que... blablabla...
Et je ne vois pas ce que je pourrai lui apprendre de plus que :
1/ Il te faudra lire beaucoup, jeune padawan
2/Il te faudra écrire encore plus
3/ l’édition se porte bien mal et mon éditeur a bouché sa boîte aux lettres : no manuscript allowed.

Si vraiment il insiste, je le renverrai vers ces quelques titres, avec une préférence peut-être pour le Vogel : même si l’application stricto sensu de sa méthode tend à formater les films, elle a l’avantage de remettre sur la piste le romancier perdu dans la forêt de son récit et de lui fournir la liste des abris disponibles.
[à suivre...]

lundi 15 juin 2009

Livres en stock


Voilà, un livre qui arrive chez l’éditeur ça se présente comme ça.
Bragelonne s’est installé il y a cinq ans dans les entrailles noires de Paris. Enfin presque : ce sont d’anciennes écuries, retapées par Henri Loevenbruck et Pascal Huot themselves.
M’est arrivé d’y dormir, au début. J’entendais les chevaux renâcler, quelque part dans l’ombre. Des fantômes de chevaux, des carnes squelettiques, aux yeux peuplés de mouches. Je dormais mal, faut bien avouer. Un soir d’hiver on y a même couché, ma fille et moi, en revenant de Disneyland. Avant d’éteindre la lumière, elle s’était assise sur le fauteuil du boss, avec son pyjama et ses bottes Mini. Si tous les patrons lui ressemblaient, on s’amuserait un peu plus – mais c’est même pas sûr : Carlos Ghosn avec les oreilles de Mickey, j’aurais sûrement la trouille de ma vie.

Par chance, cette nuit-là, cette nuit avec ma fille au retour du Monde merveilleux de la Couleur, zéro zombies équestres.
Aujourd’hui, les lieux accueillent une petite partie du stock et quelques services, comme l’informatique, le Club Bragelonne… J’aime bien descendre là, serrer virilement la joue de Greg – si une telle chose est possible – et me planter face aux murs de bouquins. Et donc plonger les mains à l’intérieur des cartons, en extraire des pépites de couleur, les feuilleter, humer le parfum du papier.

mercredi 10 juin 2009

Fabrication




Là, maintenant, le livre est en cours de fabrication, quelque part en France.

La couverture était en calage hier : il s'agissait d'équilibrer les couleurs et les valeurs sur la rotative, la grosse machine qui imprime. Car évidemment, de l'écran au papier de la couverture, les écarts peuvent être importants et les surprises mauvaises.

Un écran émet sa propre lumière, le papier d'une couverture la réfléchit.

Et bien entendu, un ordinateur ne produit pas les couleurs de la même manière qu'une rotative.

Il faudra ensuite pelliculer cette couverture : la couvrir d'un film fin qui fait office de vernis - mate ou brillant.

A Bragelonne, Yoann Dolomieux, chef de fab', supervise ces opérations. A 6h00 du matin il envoyait à l'imprimeur un fichier numérique de la couverture. A 11h00, il était sur place pour contrôler ledit calage. Un sacerdoce...

Demain, le livre partira au façonnage pour y être broché : un façonnier assemblera pages de texte - regroupées en cahiers - et couverture.

Il en aura fallu du monde pour fabriquer cet objet : illustrateur, graphiste, chef de fabrication puis imprimeur et façonnier.

Le livre sera ensuite envoyé depuis l'imprimeur chez le distributeur. Le distributeur, c'est une entreprise avec tout plein d'entrepôts remplis de bouquins et des camions pour les emporter chez les libraires... ou rapporter les invendus !

Petit détail amusant : l'éditeur paie aussi le distributeur pour rappatrier ces invendus à l'entrepôt.

lundi 8 juin 2009

Bientôt...

Les Dragons de la cité rouge devrait être disponible à Marseille, le temps des Bouquinades, en exclusivité.
A l'heure qu'il est, je n'ai pas encore vu la couverture achevée.
Mais la 4e, oui.
Rédiger la 4e de couv', comme on appelle le résumé au dos du livre, s'est avéré être le casse-tête habituel : tout dire ?
Non, bien sûr.
Mais ne rien oublier de ce qui pourrait intéresser le lecteur potentiel. Celui qui prendra le livre entre les mains parce que l'image, le titre, le nom de l'auteur et/ou de l'éditeur, l'auront accroché. Faut-il évoquer le plus singulier ? Au contraire insister sur le plus familier ?
Trouver un équilibre entre les deux, certainement.
Pendant l'exercice, oublier que l'on a soi-même écrit le roman et que l'on en connaît donc tous les détails. Pas l'arpenteur de librairies. Il faut ménager les surprises, donc ne pas "spoiler", mais on doit aussi dire que le lecteur sera surpris, et en quoi.
On le doit.
Ou pas.
Mon éditeur, Stéphane Marsan, s'y colle. A moi de corriger le tir s'il y a lieu. Allers-retours, doutes... Depuis hier soir, nous avons tranché.

Voici ce texte :

Le prince héritier de Redfelt a été enlevé.
La rançon ? Une épée magique, jusque-là conservée dans les profondeurs de la citadelle. Sa lame retiendrait prisonnières les âmes des dragons qui ont failli réduire Redfelt en poussière trois siècles plus tôt.
Mais les émissaires royaux ont disparu, ainsi que la rançon. La reine Éline se tourne alors vers Alec Deraan, un chasseur de primes. Ils furent amants à l’époque où il était un officier de la couronne promis à un brillant avenir. Aujourd’hui, c’est un loup solitaire dont le seul ami est un dragon. Car Alec cache un secret : il est possédé par une démone aussi séduisante que dangereuse, un succube qui lui prête main forte en échange de l’exclusivité de ses faveurs.Troublé par ses retrouvailles avec une souveraine qu’il lui est interdit d’aimer, Alec accepte la quête à contrecœur et s’envole vers des contrées lointaines. Le temps presse : les dragons de l’épée pourraient se réveiller et achever la destruction interrompue il y a trois cents ans.

Irving : prescription médicale

John Irving, l'auteur du Monde selon Garp et d'Hôtel New Hampshire, répond à Sam Tanenhaus du NY times au sujet de son prochain roman à paraître aux US à l'automne. Ou comment écrire un livre à rebours - à condition toutefois d'avoir un bloc de prescription médicale à portée de main.
C'est ici, en images.
Irving est l'un des auteurs à m'avoir furieusement donné l'envie d'écrire.