mercredi 27 mai 2009

Etonnants Voyageurs


Longtemps j’ai rêvé d’y être invité. De venir à mon tour papoter sur une estrade, entouré de gens admirables, drôles, bougons ou les trois à la fois. Parce que c'était chez moi, parce que j'aimais ce que j'y entendais.
Voilà, c’est chose faite depuis trois ans, maintenant. Et je remets ça cette année, avec toujours autant de plaisir.
EV fête ses vingt ans d’existence. Le décor est à la hauteur de l’événement, et vice-versa : entre la mer, la ceinture des remparts et les bassins du port. Le ciel ? Ne comptez pas trop sur sa constance d’une année sur l’autre. Pendant le festival, j’ai connu les heures de farniente sur la plage. Une interview de PJ Macauley dans un brouillard froid. Une tempête assez féroce pour interrompre le salon avant terme.
J’y ai vécu les débuts de Bragelonne : une petite table, autant de titres que de personnes dans l'équipe - trois. Ladite équipe dormait chez moi.
Nous avons, ma compagne et moi, échangé nos premiers baisers, sur le bastion de la Hollande.
Etonnants voyageurs.
Je suis toujours étonné de voir la curiosité des visiteurs intacte après tout ce temps.
Il faut dire qu’ils sont gâtés : pléthore de débats, cafés littéraires, expositions, projections de documentaires, de fictions, séances de dédicaces bien sûr… Les alentours participent à l’événement. On écoute Jim Harrison dans le salon d’un bar qui sent la flibuste et la pêche au gros. On regarde Bernard Werber improviser une conférence sous les murailles, en plein air. On feint de s'étonner que PPDA attire les regards avec un magnétisme de Joconde. Pierre Pelot raconte ses débuts au Fleuve Noir - et c'était autre chose ! Un homme en bleu traverse les allées comme s’il s’était perdu au détour d’une oasis.
Cette année, nous autres les gars de la fantasy , participerons à un débat : « la fantasy : à bout de souffle ? » Drôle de question. En vingt éditions d’EV, la fantasy a été invitée autour de la table à trois reprises. Ça ne fait pas beaucoup et j’aimerais autant parler de nos livres que de débattre sur une mort annoncée, un essoufflement. Bref, je préférerais évoquer le présent plutôt qu'un éventuel demain… Ma réponse sera évidemment « Si toutes les littératures se portaient aussi bien, les libraires seraient des gens heureux." Heureux ou moins inquiets...
Je participerai à ce débat, en compagnie de Fabrice Colin qui manie l'autodérision avec un flegme insulaire. Je compte sur lui pour m’aider à fourbir des réponses de destruction massive.
Etonnants Voyageurs, ce sera sur le stand de la librairie Critic, du 30 mai au juin. Autant dire tout de suite. On va bien s'amuser, comptez sur moi !

2 commentaires:

Alexander Atimer a dit…

Si la Fantasy est à bout de souffle, il faut faire en sorte de devenir un de ses poumons. Il y a beaucoup de talentueux auteurs qui peuvent s'accorder ce rôle en France. J'en suis convaincu. Ne laissons pas à l'abandon cette magie, ce merveilleux, en prenant le risque de l'actualiser avec notre monde réel, sous des formes différentes. En tout cas moi je ne l'abandonnerai pas !

Citizen a dit…

J'ai encore loupé Etonnants voyageurs.